Doit-on craindre l’essoufflement ?

Thierry MAQUET, UPEC

Vous vous fatiguez de plus en plus vite, vous avez l’impression que vous allez manquer d’oxygène lorsque vous ne prenez pas l’ascenseur.
 Voici quelques informations pour interpréter vos réactions à l’effort et quelques conseils afin de mieux appréhender vos activités physiques.

Petits rappels.

Pour se contracter, vos muscles utilisent du carburant (glucides, lipides et parfois protéines) qui a besoin d’oxygène pour se dégrader et produire de l’énergie. Donc logiquement, plus il faut produire d’énergie, plus l’on consomme d’oxygène. (Ce système a néanmoins une limite, le fameux VO2max.) Pour faire face à l’augmentation des besoins en carburant (glucides, lipides, protéines) et en comburant (O2), des adaptations à court et à moyen terme se mettent en place au niveau de l’organisme.

Adaptations à court terme.

Parmi les adaptations à court terme, la vasodilatation du réseau circulatoire est un phénomène qui doit retenir votre attention. De façon imagée on pourrait dire que pour fluidifier le trafic sur des routes devenues trop étroites aux heures de pointe (l’effort), on agrandit les chaussées. Mais les travaux demandent un peu de temps, c’est pour cela qu’au début il faut y aller doucement et qu’il faut rentrer progressivement dans l’effort. Plus l’on vieillit, plus longue a été la phase de sédentarisation, plus ces adaptations sont laborieuses et plus la phase de remise en route doit se prolonger, surtout si les voies sont encombrées par des années d’excès alimentaires. Alors ne négligez jamais votre échauffement, remettez vous à l’activité physique très progressivement afin que votre corps se prépare à des contraintes plus importantes qui vont amèneront à un léger essoufflement.

Adaptations à moyen terme.

Par la suite, pour que des adaptations plus durables s’opèrent au niveau de votre organisme, il sera nécessaire de rechercher l’essoufflement, de l’apprivoiser, de le contrôler. Il ne faut en effet pas le considérer comme un ennemi, quelque chose à fuir, bien au contraire. L’essoufflement est l’allier de votre santé, il est le signe que l’exercice que vous faites améliore le fonctionnement de votre système cardiorespiratoire, qu’il est bénéfique pour votre santé vasculaire. Il vous faut simplement le contrôler, le dompter, éviter qu’il ne devienne douloureux, doser votre effort, quitte à le fractionner. Apprenez à écouter votre corps, ne forcez pas et ne vous lancez pas de défis stupides. Vous gouterez alors assez vite le plaisir de sentir que vous êtes capable de marcher de plus en plus vite, de plus en plus longtemps avec des sensations pendant et après l’effort, de plus en plus agréables. Votre condition physique s’améliorant, la simple marche active ne sera peut être plus suffisante pour continuer à progresser. Il faudra alors envisager la marche en côte ou la marche nordique. Par contre, si le moindre effort vous compresse la poitrine, n’hésitez pas, consulter un cardiologue.

Pour aller plus loin : Le cardio training des sujets à risques ; Patrick CLANET