La marche olympique : souvenirs

Voici un article proposé par SPORT & VIE sur la marche sportive et olympique :

 

« Le cercle des marcheurs disparus Par Alain Moulinet Ed. Le Marcheur, 2017 

« Pour sauvegarder la marche sportive (NB : aux Jeux Olympiques) et lui assurer le rang auquel elle à droit, il sera peut-être de bonne politique de supprimer l’épreuve des 10 kilomètres et de la remplacer par une marche de longue durée, 50 ou 100 kilomètres sur route, avec départ et arrivée au Stade Olympique. Ainsi disparaitront les susceptibilités internationales créées par l’allure trop rapide des concurrents. »

Cette déclaration date de 1924 ! Son auteur, le marcheur Emile Anthoine, craignait déjà pour l’avenir de ce sport. Aujourd’hui, la marche est toujours sous la menace d’être évincée du programme olympique. Pour l’heure, on sait qu’il y aura une épreuve sur 50 kilomètres à Tokyo en 2020. Et après ? On verra. La marche athlétique est un sport délaissé. On est loin désormais de l’enthousiasme des foules sur le passage d’épreuves populaires comme la mythique Paris-Strasboug, imaginée en 1926 par Emile Anthoine précisément et devenue Paris-Colmar un demi-siècle plus tard. Dans son ouvrage richement documenté, Alain Moulinet revient sur ces épopées qui, dans les Années Folles, suscitaient autant de passion que le Tour de France. D’ailleurs, les similitudes sont nombreuses entre les deux disciplines. Ainsi, la Paris-Brest-Paris, première course cycliste d’envergure avec ses 1200 kilomètres, et la randonnée pédestre Paris-Belfort (496 kilomètres) furent lancées respectivement en 1891 et 1892 par le même homme, Pierre Giffard, le rédacteur en chef du quotidien Vélo qui faisait alors la pluie et le beau temps dans le sport français, toutes disciplines confondues. »

SPORT & VIE N°165 Novembre/Décembre 2017