Marcher utile !

Marcher utile !

Thierry MAQUET, UPEC

Les bienfaits de l’activité physique sur la santé sont aujourd’hui largement et régulièrement plébiscités. Des repères faciles à mémoriser et abordables sont proposés afin de conduire le plus grand nombre d’entre nous à adopter un mode de vie plus actif. Pourtant, une partie de la population française reste sédentaire. Les obstacles à la pratique ne sont pas seulement d’ordre motivationnel. Une enquête sur les pratiques culturelles et sportives réalisée par l’INSEE en 2003, laissait apparaître des déterminants matériels (coût des activités, disponibilité et proximité des installations) ainsi que des déterminants culturels liés aux modes de vie (manque de temps, contraintes familiales et professionnelles). Dès lors, s’organiser pour se consacrer un temps pour soi, un espace de pratique dans une vie où l’on court de plus en plus se révèle pour certains, bien difficile.? Et si la solution à tout cela consistait à reconquérir les instants d’une marche utile?
C’est un fait avéré aujourd’hui, nous marchons de moins en moins. Si les choses ne changent pas, nous nous dirigeons vers un mode de vie proche de celui des Américains pour lesquels une étude réalisée en 2003 indiquait que 90% de leurs déplacements étaient effectués en voiture et que sur ces déplacements, un tiers l’était pour des distances comprises entre 1,6km et 3,2km(1). Afin de ne pas en arriver là, pour tous ceux qui prétendent manquer de temps, il existe une piste qu’il convient d’explorer : investir une partie de nos déplacements obligatoires, comme des supports potentiels d’une activité physique élémentaire nécessaire à l’entretien de notre santé et de notre bien-être. L’objectif à atteindre se situe globalement autour de 30’ de marche cumulée par jour. Cinq minutes par ci, dix minutes par là de déplacement que l’on fera à pied plutôt qu’en voiture, des escaliers que l’on montera et descendra autrement qu’avec l’ascenseur ou l’escalator et qui compteront double vu qu’il s’agit d’un effort plus conséquent; à chacun d’organiser son mode de vie plus actif sans le bouleverser profondément pour autant.
Le podomètre peut être un outil intéressant pour évaluer son activité. Selon les résultats de nombreuses études réalisées au Québec, un individu en bonne santé effectue entre 7000 et 13000 pas par jour. 10 000 pas constituent donc un point de repère, une cible à atteindre, mais il faut considérer que chaque pas qui vous rapproche de cette cible est déjà une victoire qui vous mènera peu à peu vers un mode de vie plus actif. C’est un peu comme pour les 5 fruits et légumes par jour. Pour celui qui n’en mangeait aucun, en manger un, c’est déjà mieux.
Ainsi, c’est de notre activité quotidienne que dépend notre santé. L’heure dans la salle de fitness une fois par semaine, les huit jours de ski en hiver ou les trois semaines de randonnée en été ne font pas forcément de nous des actifs. La solution est donc bien à rechercher du côté des déplacements pédestres. Qui plus est, cela permettrait aussi de faire des économies de transport, de désengorger les centres villes et de s’inscrire dans une démarche écologiquement responsable…

Références :

Activité physique, contextes et effets sur la santé. Expertise collective. INSERM 2008
Kino Québec, Devenir et rester un adulte actif. www.kino-quebec.qc.ca/
Etude de VERNEY MOUDON et LEE en 2003 (étude réalisée par des spécialistes de l’urbanisme et de la planification urbaine afin de mesurer l’impact de l’éloignement des services sur les modes de déplacement)