Marcher à plusieurs, c’est bon pour le cerveau !

Marcher à plusieurs, bon pour le cerveau !

Thierry MAQUET, UPEC
Jean Jacques ROUSSEAU et quelques autres poètes et philosophes avaient pour habitude de s’adonner à de grandes marches pour stimuler leur imagination et leur réflexion. Depuis très longtemps et de façon très empirique, les hommes avaient en effet constaté les bienfaits de l’activité physique sur leur cerveau. Ces observations allaient pourtant à l’encontre des connaissances scientifiques en vigueur, suggérant une dégénérescence inéluctable et irréversible des neurones de notre matière grise. Pourtant récemment, la science révisait ses positions dogmatiques sur le sujet et les résultats de nouvelles recherches ouvraient des perspectives plaidant en faveur de la pratique régulière de la marche ou d’une activité physique, mais à plusieurs !

Activités physiques et maladie d’Alzheimer.

Des études épidémiologiques mettent en évidence qu’une mauvaise capacité physique est de nature à favoriser le déclenchement de démences séniles de type Alzheimer, alors qu’elles seraient retardées de façon significative chez des sujets en bonne condition physique. En effet, l’effort de type aérobie qui caractérise des activités comme la marche ou le vélo augmente le niveau de perfusion cérébrale (jusqu’à + 30%). A la longue, cet accroissement de l’apport sanguin favorise un processus dit d’angiogénèse qui aboutit à la formation de nouveaux vaisseaux. Par ailleurs, la sécrétion plus importante de neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine) entretien les synapses et donc la bonne santé du réseau de communication entre les cellules nerveuses. A la longue, cela favorise la formation de nouveaux neurones. Ceci est tout à fait novateur et fera sans doute l’objet de nombreuses publications dans les années à venir. Mais il y a plus intéressant encore.

Produire de nouveaux neurones grâce aux amis !

Des études ont tenté de mettre en évidence les conditions les plus favorables à ce processus de neurogénèse. Les chercheurs ont ainsi comparé les effets d’une activité physique pratiquée en solitaire par rapport à une activité physique pratiquée en groupe(1). Les résultats de leurs travaux laissent clairement apparaître que les effets de la pratique en groupe sont nettement supérieurs à une pratique en solitaire, particulièrement au regard du processus de neurogénèse. Les études ont bien évidemment été réalisées chez l’animal, mais si l’on concède que l’homme est un être social par excellence, des extrapolations sont permises. En toutes circonstances et à tous les niveaux, il faut donc favoriser le lien social.
De bonnes raisons de marcher.?Vous avez ainsi une bonne raison de marcher à plusieurs, mais ce n’est pas la seule. De façon plus pragmatique, on pourra aussi avancer des arguments propres à la motivation, à l’effet d’entraînement mutuel, à la convivialité, à la sécurité et au plaisir de bouger. Le plus dur dans tout cela finalement, c’est peut être le premier pas. La suite apparaît peu à peu comme une évidence. Le seul tort de Jean Jacques ROUSSEAU au bout du compte, était d’être un marcheur solitaire !

Pour aller plus loin :
Stranahan et coll, 2006, Université de Princeton, New Jersey)
La neurogénèse,
La neurogénèse adulte ;
Activité physique et entretien du système nerveux central