Marcher pour la planète ?

La marche fait partie de notre quotidien. Nous l’utilisons pour nous rendre d’un point à un autre, pour le plaisir, pour découvrir un nouveau lieu, pour faire de l’activité physique, pour réaliser une tâche du quotidien (faire les courses…), pour défendre une cause… etc.

Mais la marche peut aussi être l’occasion de réaliser une bonne action écologique !

C’est ce que propose plusieurs associations, diverses
applications téléphoniques ou même certaines mairies.

Ces actions peuvent être multiples telles que le recensement de dégradations du mobilier urbain, ou encore le ramassage des déchets rencontrés lors de nos balades, que ce soit emballages plastiques, mégots de cigarettes, papiers…

Voici un article paru en 2018 dans l’express sur différents engagements citoyens pour la planète, en utilisant la marche comme moyen d’action :

« Associer loisir et ramassage d’ordures, c’est l’activité tendance du moment.

Dans son petit sac à dos bleu, elle a placé une gourde. Surtout, elle n’a pas oublié d’y glisser aussi un sac en plastique pour y déposer ses trouvailles du jour : canettes, papiers de friandises, bouteilles, paquet de cigarettes… Justine, 24 ans, T-shirt orange, short noir et queue de cheval, est une adepte du plogging. Cette activité (dont le nom est le fruit de la contraction du suédois « ploka upp« , qui signifie ramasser, et du mot « jogging ») vient d’Europe du Nord. Cela consiste à « courir ou marcher tout en ramassant des déchets », explique la jeune femme brune, au franc sourire et à l’allure athlétique. « Quand on court, on s’ennuie, alors autant se rendre utile », explique celle qui fait « cinq sorties » par semaine et une trentaine de kilomètres au total. Justine – que l’on peut suivre sur son compte Instagram, Just_in_run – n’est pas la seule à associer sport et collecte. Elle est même depuis peu ambassadrice de l’appli Run Eco Team, qui rassemble 50 000 ploggers depuis son lancement en 2016 par le français Nicolas Lemonnier. 

Marcher, courir, faire du vélo, plonger, tout en nettoyant
la nature, cela n’a plus rien d’anecdotique. Il s’agit au contraire d’une
tendance de fond, constate Maxime André, de la Fondation pour la Nature et
l’Homme. Sur les 12 derniers mois, le site de l’ONG fondée par Nicolas Hulot a
enregistré 243 collectes de déchets proposées au public(sur 1340
actions), un chiffre en constante augmentation. Comme de nombreux pays,
l’Hexagone est désormais le terrain d’une chasse au trésor géante, où les
ordures remplaceraient presque les pierres précieuses. Et où le plaisir est
aussi important que l’écologie. 

Dans la forêt de Meudon, Bertrand Swiderski emmène le week-end ses trois enfants, Oscar, Faustine et Victor, âgés de 6 à 12 ans, courir et faire du vélo, tout en ramassant papiers et bouteilles en plastique. « C’est éducatif et on passe un bon moment au grand air », se réjouit ce directeur de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) chez Carrefour. A quelques 600 kilomètres de là, en Haute-Savoie, à la Clusaz, Julie, son mari et leurs deux enfants de 2 et 5 ans participent à une collecte organisée par l’ONG Mountain Riders, fondée en 2001. « C’est très amusant, on fait une course d’orientation, avec des devinettes sur la montagne et les animaux, les enfants adorent », témoigne cette aide-soignante qui vit dans un petit village près d’Annecy. Dans le Sud-Ouest, à Lacanau, au bord de la mer, Marlène Launey, dessinatrice, participe à un ramassage, organisé par l’ONG Surfriders Foundation Europe et ses « initiatives océanes » (lancées en 1995) : « Je ne me sens pas militante, mais comme la plage me ressource, je trouve normal d’en prendre soin », assure la maman d’un petit garçon de 7 ans qui l’accompagne parfois. 

« tout le monde, sans exception, est invité à y participer à sa manière » et plus seulement « les pionniers de l’écologie ». 

« La collecte est un moyen de faire sa part, d’agir à son échelle pour la nature », estime plus simplement Claire Silvain, fondatrice d’une association de défense d’une forêt de l’Ouest parisien et professeur de Sciences naturelles à la retraite (1). Désormais, tout comme l’on est un consomm’acteur qui vote avec son caddie en achetant bio, local et/ou de saison, on est aussi citoyen en ayant des loisirs responsables. Ce que confirme Julie, la « collectrice » de détritus de La Clusaz : « Je ne suis pas écologiste militante, mais j’ai toujours fais attention à la nature ».  

Mais pour une centaine de kilos récoltés par les particuliers, combien de centaines de milliers de tonnes sont-elles jetées dans le même temps dans les océans ? Sans même évoquer les micro-plastiques impossibles à nettoyer. Face à l’ampleur de la pollution de la planète, une collecte de deux heures semble dérisoire. « Peut-être, mais nous croyons à la pédagogie de cette action, l’important est que ce premier geste déclenche une prise de conscience qui entraîne d’autres actions », observe Flore Berlingen, directrice de l’association Zéro Waste France, spécialisée dans la réduction des déchets et qui organise le Festival Zero Waste dont la deuxième édition s’est achevée à Paris ce samedi 30 juin. Marlène Launey incarne à merveille cette logique : elle a commencé par ramasser des déchets sur les plages avec un ami, et vient d’encadrer sa première collecte en tant qu’organisatrice, épaulée par Surfriders Foundation Europe. 

La bonne nouvelle, c’est que prise de conscience et passage à l’acte n’ont pas d’âge. Depuis quelque temps, à la sortie de l’école, Lenny, 5 ans, qui accompagne ses parents en montagne, s’est mis à gronder les gens qui jettent des choses par terre. « Tu pollues la planète », leur assène-t-il. « Plus tard, Lenny veut soigner les marmottes qui s’étranglent avec le plastique », raconte, avec fierté, sa maman, Julie. Ces collectes sont un moyen efficace de capter les « quelque 40 % de citoyens mobilisables en France, c’est-à-dire ceux qui ne font a priori rien spontanément, mais n’ont besoin que d’une étincelle pour s’engager« , analyse Jacques Malet, auteur de l’étude « Cette France mobilisable » (mai 2017).  

Aujourd’hui, de plus en plus d’associations, inspirées notamment par le pionnier Surfriders Foundation Europe, accompagnent la collecte d’un inventaire très précis des déchets. Une fois ramassés, les objets sont triés, comptés, pris en photo, enregistrés dans des bases de données. « Ce travail fastidieux constitue un véritable outil de lobbying auprès, par exemple, de la Commission européenne », constate Flore Berlingen. Ce n’est ainsi pas un hasard si l’institution a émis le 28 mai dernier une série de propositions concrètes pour limiter la pollution plastique dans les océans, les mers et les rivières, et en particulier les objets à usage unique. Elle suggère ainsi d’interdire les coton-tiges, couverts, assiettes, pailles, mélangeurs à cocktail et tiges de ballons de baudruche, et d’imposer que ces articles soient désormais produits dans des matériaux plus durables. La mesure devra être discutée par les Etats membres et le Parlement européen avant son éventuelle application. « C’est vrai qu’il a fallu des années pour que ça bouge, mais on voit là le début d’un nouveau mouvement, qui dépasse le simple tri des déchets, pour s’attaquer à la source du problème, c’est-à-dire à leur conception « , analyse Flore Berlingen. 

En Inde, l’association Break Free
From Plastic
 va encore plus loin. Elle demande de recenser et
caractériser plus seulement les types d’objets, mais également les marques.
L’association a ainsi communiqué sur la dizaine d’entreprises dont les produits
sont les plus collectés sur les plages parmi lesquelles Coca-Cola, Nestlé,
Starbucks ou encore McDonald’s. Gageons que cela va contribuer à accélérer la
transformation de leur mode de production. Alors, demain, qui est disponible
pour une petite sortie plogging ? »

Si vous connaissez des associations, mairies ou autres
structures sur votre territoire qui utilisent la marche pour réaliser ce genre
d’actions, n’hésitez pas à nous les communiquer par l’onglet contact de
D-marche afin que puissions partager avec tou(te)s les D-marcheurs/euses ces
bonnes initiatives sur le site !