Milieu professionnel : sédentarité – inactivité, quelle différence ?

L’ONAPS – Observatoire National de l’activité physique et de la Sédentarité publie trimestriellement un bulletin « Debout l’info ! ».  Celui de février traite de l’activité physique et de la sédentarité en milieu professionnel : nous vous avons donc fait un résumé…

Tout d’abord, connaissez-vous la différence entre sédentarité et inactivité physique ?

  • Le comportement sédentaire est caractérisé par le temps que nous passons en position assise ou allongée (excluant le sommeil) : regarder la télévision, être assis dans une auto, dans les transports en commun, pendant les repas, en étant au bureau etc. La sédentarité est déterminée par un seuil : 8h en moyenne (tout cumulé) en position assise.

 

  • L’inactivité physique est caractérisée par le peu ou l’absence de pratique d’une activité physique quotidienne (qui peut être la marche – le vélo – pratique d’un sport…), inférieure au seuil recommandé par l’OMS soit 30 minutes par jour. Ce qui signifie que nous pouvons être sédentaire tout en ayant une activité physique quotidienne ; nous pouvons être dans l’inactivité physique sans être considéré comme sédentaire.

La sédentarité au travail

« Selon les données françaises de l’enquête Sumer, le pourcentage de salariés travaillant plus de 20h par semaine devant un écran est passé de 12% en 1994 à 23% en 2010 avec une forte augmentation chez les cadres qui passent de 18% à 46% au cours de la même période.

Ainsi nous consacrons un tiers de notre temps journalier à des comportements sédentaires, soit plus de la moitié de notre temps éveillé – temps sédentaire d’origine principalement professionnelle.
Ce comportement implique de vrais risques pour la santé.

Travailler debout – marcher ?

Être debout au cours de sa journée (au travail et hors du travail) réduit la mortalité. Les risques sur la mortalité globale et d’origine cardiovasculaire diminuent de 18 à 21% pour une station debout sur ¼ de notre journée – 27 à 32% pendant les ¾ de la journée.
Pour la marche, les chiffres sont d’autant plus importants, car en plus de réduire le temps passé assis (la sédentarité) elle permet aussi de réduire le temps d’inactivité physique.  

Activité physique durant le travail ? Tout est question de dosage…

Des études démontrent que pratiquer une activité physique intense pendant la période de travail (comme porter des charges lourdes par exemple) ne diminue en rien le risque de mortalité cardiovasculaire par rapport aux personnes ayant une activité de faible intensité et auraient même des effets négatifs. Il faudrait ainsi trouver une bonne répartition des différentes taches professionnelles réalisées au cours d’une journée de travail afin de mieux équilibrer les fréquences et intensité de l’activité physique.

Les moyens d’actions ?

L’employeur a maintenant l’obligation d’évaluer et de répertorier les risques professionnels. Des propositions ergonomiques ont vu le jour ces dernières années comme des bureaux de travail aménagés permettant d’être en position debout ou de marcher sans déplacement tout en manipulant son ordinateur ou en faisant des tâches administratives.

Les études restent encore faibles par manque de recul, mais il a été démontré, toutefois, que le simple fait de se lever de sa chaise 5 min toutes les 30 minutes pendant 8h diminue l’augmentation de glycémie post-prandiale de 34% par rapport au groupe restant assis 8h consécutives. Un 3eme groupe qui ajoutait la marche avait un bénéfice comparable.

 

La sédentarité est bel et bien un risque professionnel et doit être une préoccupation majeure des employeurs, services de santé au travail et plus globalement de tous les acteurs de santé et tous les professionnels en général. Il est important de bouger sans excès pendant le temps de travail. 

Les  diverses initiatives proposées en entreprises afin de réduire la sédentarité et augmenter l’activité physique des salariés ont démontré un réel impact positif en terme de santé mentale – physique et de productivité. (par exemple, éloigner la photocopieuse des postes de travail).

En 2015, une première étude réalisée par « Goodwill Management » auprès de plus de 200 entreprises, portée par le Medef avec le Comité National Olympique et Sportif Français, montrait que l’activité physique améliore la qualité de vie au travail. Les bénéfices pour l’employeur sont la réduction de l’absentéisme, la baisse des accidents du travail et l’amélioration des performances. Côté salarié, c’est l’assurance d’obtenir une baisse des coûts des dépenses de santé. »

Pour conclure, les risques liés à la sédentarité au travail et à l’inactivité physique entrent de plus en plus dans les esprits des employeurs et des institutions. Des initiatives émergent de plus en plus mais restent malgré tout encore timides.