Pourquoi faisons-nous les cent pas au téléphone ?

Combien se lèvent et déambulent en téléphonant ? Ce comportement parfois fréquent se fait même sans en avoir conscience !

Mais pourquoi faisons-nous cela ? Voici quelques pistes… !

Améliorer son attention

« L’activité motrice telle que la marche stimule l’éveil cérébral, le mouvement redonne de l’attention », précise Christophe Haag, chercheur en psychologie sociale et spécialiste des émotions à l’EM Lyon.

Dans le cas des enfants atteints de troubles déficitaires de l’attention / hyperactivité (TDAH), des chercheurs américains de l’université de Stanford ont ainsi constaté lors d’une étude de 2015, que le mouvement favorisait leur concentration – marcher permet même de stimuler 60% de créativité en plus. Et facilite par la même occasion le bon fonctionnement des neuro-transmetteurs du cerveau.

Pour beaucoup d’entre nous, ce comportement nous permettrait ainsi d’augmenter notre attention et notre réflexion lors de l’échange téléphonique.  Morale de l’histoire : si nous ne tenons plus en place au téléphone, c’est tout simplement parce que tu nous sommes con-cen-très !

Gérer nos émotions

Le professeur à l’Institut des sciences du mouvement à l’Université Aix-Marseille, Jean-Jacques Tomprado, nous confie que la marche « permet de dissiper l’énergie, comme lorsque l’on attend un coup de téléphone et que l’on tourne en rond, que l’on a besoin de faire quelque chose ».

« Faire les cent pas durant un appel permettrait également d’évacuer un trop plein d’émotions lié à l’interlocuteur ou à la thématique de la conversation. À l’époque de la Préhistoire, nos ancêtres des cavernes adoptaient déjà la marche pour évacuer le stress ressenti face à un danger », souligne Christophe Haag. « Plus le contexte émotionnel est important et plus l’on va s’agiter », ajoute Marion Luyat, professeure de psychologie à l’Université de Lille. Le mécanisme est simple : si l’enjeu de l’appel est grand, si l’on est mal à l’aise, angoissé ou en train de mentir à l’autre, « le cerveau se retrouve en surcharge cognitive », complète le Pr Haag. Pour se décharger, il va tonifier certaines parties du corps comme les jambes, et nous allons nous mettre en mouvement.

Marcher peut ainsi permettre d’évacuer un trop plein d’émotions.

Imiter notre interlocuteur ?

« De manière inconsciente, le cerveau peut capter des indices indiquant un mouvement chez notre interlocuteur et provoque alors le déplacement. « C’est ce que l’on appelle la contagion émotionnelle », indique Christophe Haag. Pour sa part, le Pr Temprado suppose une « mise en empathie » pour la personne de l’autre côté de l’appareil. Comme lors d’un échange en face à face : « Si on analyse les changements de position et les symétries de mouvements de deux personnes qui discutent ensemble, on s’aperçoit qu’elles synchronisent inconsciemment leurs postures et leurs gestes». »

Comme le disait Nietzsche, « les seules pensées valables viennent en marchant ».

Sources :
Emission E=M6 du 13/10/19 – Lien 1 – Lien 2 – Lien 3 –
Lien 4